Perez ou l’artiste qui ne dort pas.

Écrit par sur 2020-08-03

Avec son album Surex sorti le 14 février 2020, l’artiste Julien Perez a attiré l’attention du Protocole Radio. Ce troisième opus contenant trois titres produits par le label français Etoile Distante Records marque une épopée pop et électronique à l’élégance rare. Surex se pose comme un album incontournable de Perez, illustrant parfaitement l’éclat et le timbre mélancolique qui lui est propre avec claviers, voix hypnotiques et mélodies entêtantes. Cet album donne la joie de vivre et c’est pourquoi nous avons décidé d’en dresser le portrait aujourd’hui.

SUREX : le numéro 3

Après Saltos et Cavernes, Perez nous offre un troisième album aux ambiances pop déconstruites, torturées, tiraillées, recollées et surtout goudronnées. Son titre a été attribué en référence à l’effet de surexcitation mais aussi de surexposition et de surexploitation. C’est aussi un album qui peut s’écouter comme antidépresseur, comme le ferait une pilule naturelle de bonheur. Il s’agit en effet d’une véritable bouffée d’air dont l’adrénaline est à prendre sans modération. Avant même d’écouter ce troisième opus, on est intrigué par l’avatar 3D de Perez qui semble exténué avec ses yeux écarquillés sur la pochette de l’album. Cet avatar est un clin d’oeil aux
personnages de dessins animés épuisés qui soutiennent leur paupières à l’aide d’allumettes. Avec cet album, Perez nous offre un miroir de la réalité déformante voir grimaçante. Il est clair qu’il cherche à s’extirper de la réalité. Il évoque ainsi le réel pour mieux le modeler via le surréalisme et l’étrangeté. Au fur et à mesure qu’on s’enfonce dans les méandres de Surex, dans ses vapeurs rêveuses, ses aspérités qui nous accrochent et que les écoutes se répètent, on réalise qu’elles sont à chaque fois différentes. Perez voit son pari réussi.

Une nouvelle voie : le psychédélique

A chaque morceau, on est transporté par les paroles de Perez et cette nouvelle manière qu’il a d’écrire. Il délaisse le monde des histoires au profit de l’interprétation avec des textes plus oniriques et surréalistes. Certains s’apparentent même à des cadavres exquis comme avec « Hiroshima ». L’évolution de l’artiste est notoire quant à son univers. Sa voix claire et
chantante fait parfois office d’instrument à part entière, notamment sur les morceaux « Animaux », « Allongé sur la Plage », « El Sueno » ou encore « Feu » qui nous berce et nous transporte. Chacune de ses tracks laisse place au rêve et à un nouveau monde. Les titres ne sont d’ailleurs pas choisis
au hasard et forment un tout à la fois cohérent et différentiable. L’album peut être écouté d’une seule traite comme il peut s’écouter en différé pour se réinventer. Chaque auditeur est libre de s’approprier l’album comme il le souhaite. D’un point de vue musical, Perez continue d’explorer les genres musicaux et sa collaboration avec Strip Steve un producteur bordelais de musique dance électronique y est pour quelque chose, notamment dans « Allongé sur la Plage », la puissance house de « Z » ou dans les plus
atmosphériques que sont « Ecole » ou « Ticket ». L’album permet ainsi de voyager entre ombre et lumière, fantasme et réalité, envie de fuite et besoin de rester ancré dans le réel.

Si ne vous connaissez pas encore cet artiste, Le Protocole Radio vous conseille fortement de l’écouter au moins une fois ! Retrouvez la totalité de son album sur sa page.


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