Portrait : Panda Dub

Written by on 2020-01-11

Un son vaut mieux que 1000 mots, avant de lire clique sur play.

Panda Dub. Deux mots inspirant le calme et la sérénité, qui ne sont pourtant qu’une facette d’un artiste aux multiples univers. Tirer le portrait de ce compositeur alternatif à la carrière richement fournie soulève une problématique bien personnelle : comment écrire objectivement sur un artiste que l’on a vu tant de fois que l’on en a perdu le compte? Commençons par dire que c’est un ambassadeur de la Bass Music libre et indépendante en France (là c’est objectif, on parle quand même du mec qui a fait sauter les plombs de la grande scène du Musicalarue avec ses basses), et le meilleur artiste électro-dub de ces deux décennies pour faire la teuf (ça c’est un peu plus subjectif j’avoue).

Le poing fend l’air et le pied frappe la terre

 Comme beaucoup de jeunes rebelles des 90’s, le Lyonnais sans nom au surnom de petite Fiat a commencé son initiation musicale par le Métal, dans le rôle prophétique de bassiste. Puis il s’est fait laver le cerveau par sa sœur qui blastait Wicked Tune à fond tous les matins. Sa nourriture musicale s’est alors vite diversifiée pour inclure les pionniers du Dub Français des années 2000 : High Tone donc mais aussi Zenzile, Le Peuple de l’Herbe ou Kaly. Toujours plus affamé de grosses basses, le Stepper à l’anglaise va aussi marquer ses influences.

  L’animal s’est alors acheté un ordi, des pads, et a commencé à faire vibrer son habitat. Il va se faire la patte entre 2005 et 2008 (année de son premier live) avec de nombreux titres qui dessinent les bases musicales de sa carrière mais aussi les  fondements de son état d’esprit libre et indépendant car tout est mis en ligne gratuitement et sans major.

Des premiers petits concerts qui déjà faisaient lever les mains à toute une salle.

 Et la génération internet dont fait partie Pandi va répondre à l’appel, le nombre de vues augmente doucement mais sûrement. En 2009 il rejoint le label indé Original Dub Gathering prod qui correspond à sa vision de la musique (à diffusion numérique légale et gratuite donc). Avec eux Panda reste sur son rythme d’une sortie par an jusqu’en 2011, année d’ Antilogy. Un premier virage est passé avec cet album autoproduit possédant une version physique et un (petit) prix de départ.

T’as déjà vu autant de monde devant une scène de festoche à 18h?

 Mais bien vite l’heure des albums payants est révolue, car ses revenus arrivent des tournées qui s’accélèrent avec la croissance de sa réputation. La tendance se confirme encore avec l’album Psychotic Symphony et ses samples bien choisis qui vont lui permettre d’acquérir une renommée internationale ; il est même invité à migrer vers Mexico durant sa tournée de deux ans. Cet album commence à flirter avec un côté un peu plus sombre, certains passages semblant décrire ce sentiment d’apesanteur que l’on peut ressentir durant une insomnie.

 De l’apesanteur, en veux-tu? En voilà avec un album qui marque un autre tournant pour l’ursidé : The Lost Ship, qui explore un thème cher à certains genres musicaux (Dub, Trance, Post-Rock…) : le voyage intersidéral, rien que ça. La pochette est soignée, le thème est bien exploité, l’ensemble est parfaitement cohérent… Tout semble indiquer que la bête bicolore a pris conscience de la taille de sa fanbase et s’est mis la pression pour une recherche musicale toujours plus aboutie. Les deux albums suivants continuent sur cette lancée : ils sont espacés par deux ans de tournées internationales et sortent après des mois de préparation minutieuse. On y trouve de subtiles références au Dubstep, à la Techno/House, au Hip-Hop ou même à la Trap. Quant aux hommages aux soundsystems et aux sons de teufs : ils sont omniprésents.

Scéno du tour “Circle Live”

S’il fallait résumer rapidement les raisons du succès de Mr Dub, j’en ferais une liste. Alors la voici :

  • Une reconnaissance sur internet grâce à la diffusion et au téléchargement légal et à prix libre de toute sa musique ici ou ici
  • De nombreuses dates (autour de 500 à vue de truffe) dans toutes sortes de salles d’où le public sort toujours conquis, corporellement fatigué d’avoir marché sur place Steppah Style mais mentalement exalté, avec le smile (That’s the key)
  • Sa constance, autant dans ses sorties et ses dates que dans son style qui offre une dualité calme/énergique bien équilibrée, entre le calme envoûtant des instruments du monde entier que l’on peut y retrouver et l’énergie débridée des rythmes électro qui s’y superposent
  • Son nom, qui mine de rien attire la sympathie et donne une touche optimiste à sa musique, même quand il la veut brutale
  • Son entourage, n’oublions pas que c’est un projet plus qu’une seule personne, ce qui lui permet entre autre d’avoir des scénographies bien léchées, de faire de nombreuses collabs (Tetra Hydro K, Atili…) et prendre des photos de qualité (Avec l’excellent Joris Couronnet derrière l’appareil).
Scéno 2019 au Trabendo, Paris
  • Une absence de “tube”, c’est à dire de track trop supérieure aux autres qui entraîne une déception lorsqu’on écoute le reste de l’album. On ne vient pas le voir pour une chanson en particulier, mais pour une expérience tout le long du concert.
  • Sa manière de gueuler “ALLEZ C’EST PARTI LÀ ON FOUT LE BORDEL” (tout simplement).
  • Et pour finir sa musique, qui offre des chansons adaptées à toutes les situations. Que ce soit pour se réveiller, faire du sport, réviser, chiller, s’ambiancer, faire la sieste, conduire, dîner avec la reine d’Angleterre, annexer l’Iran… Tout en se déboîtant la nuque.
Si vous avez lancé la chanson du début et que vous lisez pas trop vite, ce Panda devrait slamer sur le drop.

“There is no rules in the underground”

En la mémoire de ma casquette partie dans les pogos

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